« OJERIZA » - LE PETIT MOT A LA GRANDE HISTOIRE
« Ojeriza » est un mot brésilien qui peut se trouver dans un dictionnaire portugais.
Dans mon Dicionario da Lingua Portuguêsa, 11ème édition de Francisco da Silveira Bueno, adopté par le Ministère de l’Education brésilien on peut lire la définition suivante « Mà vontade contra alguèm, antipatia, aversào, rancor », ce qui signifie : « mauvaise volonté envers quelqu’un, antipathie, aversion, haine. » Comme nous pouvons le voir cela décrit bien les réactions du Fila envers les étrangers.
Tous les critères originaux brésiliens, depuis 1946, ont décrit le caractère du Fila comme étant agressif envers les étrangers ce qui serait l’une de ses principales caractéristiques. Rien n’a changé en 1986 quand la race a été reconnue par la Fédération Cynologique Internationale (FCI).
Les critères (revus et corrigés) du 14 Mai 1976 déclarait « Caractère et Tempérament- Courage exceptionnel, détermination et bravoure sont les principales caractéristiques du Fila Brasileiro. Généralement ils ne cachent pas leur « ojeriza » envers les inconnus, ni leur attachement pour leur propriétaire et sa famille pour qui ils montrent une fidélité et une obéissance proverbiales. »
A cette époque le Dr Antonio Barone Forzano était le président de la Confédération Brésilienne de Cynophilie et il pensait qu’il était temps que le Fila Brasileiro soit reconnu par la FCI. Le Dr Forzano a donc invité le président de la commission de la FCI, Mrs Lizete de Lemans, le Professeur Slobodan Paviloci de Belgrade et le Professeur Tibor Brody d’Hongrie afin qu’ils analysent et approuvent la race. Après avoir vérifié les qualités du Fila lors des expositions, la commission n’a eu aucun mal à approuver et à reconnaître la race en 1986 lors d’une convention du FCI en Pologne. Le Fila a été la première race Sud Américaine a jouir de ce privilège.
Depuis cette date, les caractéristiques du Fila Brasileiro ont été publiées dans plusieurs encyclopédies et cela à travers le monde.
Le Dr Forzano a également été élu président de la FCI et ses efforts à promouvoir la race font partie de l’histoire de ce chien Brésilien.
Lors d’un voyage en Europe en 1985, nous avons eu le plaisir d’assister à l’Exposition Mondiale d’Amsterdam. Sur le chemin nous sommes passés à Thuin, au siège de la FCI et nous avons remarqué que les critères officiels n’avaient pas été traduits dans différentes langues. En rentrant au Brésil, nous avons créé une commission pour la traduction des critères en anglais, français et en espagnol. Les traductions officielles en anglais et en espagnol portent le nom de Clélia Kruel. Ce fut la raison de mon désaccord quand je suis tombée sur une traduction anglaise (qui portait mon nom) qui traduisait le mot « ojeriza » par « distant ». Je n’ai pas su qui avait bien pu faire cela, mais j’étais très inquiète. J’ai contesté immédiatement et cela a pris deux longues années avant que la Confédération brésilienne ne change le terme « distant » par « aversion ». Selon moi le mot « ojeriza » ne devrait pas du tout être traduit, mais devrait plutôt être considéré comme un mot international qui décrit le vrai tempérament du Fila.
Il existe de nombreux mots comme black-out, buyancy, avant-propos, in extremis, flagrante delicto, hors d’œuvre, persona non grata, status quo, sub paena, voilà, vulgo et des douzaines d’autres qui sont acceptés internationalement. Pourquoi pas « ojeriza » ? Cela a certainement mis un terme aux chamailleries inutiles à propos du vrai caractère de la race. Il était également intéressant d’observer l’intervention des personnes de nationalité différente. Cela donnait l’impression que tout le monde avait quelque chose à dire sur le sujet sauf le pays d’origine de la race.
Traduction des textes de Clelia KRUEL.
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